Mardi 6 avril 2010 2 06 /04 /Avr /2010 12:23

Turquie, j'arrive!

Descendu du bateau, je sors enfin mon passeport (bien qu’en fait, ici aussi la carte d’identité française suffise !) et reçoit en prime un joli petit tampon : j’ai le droit à trois mois de Turquie gratuit ! Je parcours la belle ville portuaire de Bodrum jusqu’au bureau de poste où j’achète une carte téléphonique pour contacter Serpil, qui a accepté de m’héberger pour quelques jours. Dans un anglais approximatif, elle m’indique la direction de son village, à une quinzaine de kilomètre au nord- ouest, où je me rends en bus assez facilement. Un bon dîner plus tard, je me couche dans ma petite chambre bleue.

 Le lendemain, j’accompagne mon hôte jusqu’au magasin où elle travaille sept jours sur sept ! En été, elle y travaille même jusqu’à deux heures du matin, et ce tous les jours. Tout ça pour vendre à des prix exorbitants, meubles, bijoux et vêtements importés d’Inde. C’est là aussi qu’elle prend son petit déjeuner, en compagnie de Nasmir et Hanake, ses deux collègues.  Une fois le thé, les olives, le fromage, les œufs, les légumes, le pain, le beurre et le miel engloutis, je m’en vais explorer le littoral sous un soleil radieux.  Turkbuku est une petite station balnéaire plutôt huppée si j’ai bien compris, et essentiellement fréquentée par des Turcs, à la différence de bien d’autres où la clientèle est principalement étrangère. Peut être est-ce la raison du nom du village car en été, ça doit faire beaucoup de Turcs!

Turkbuku

Je m’en éloigne donc un peu, longeant la côte vers l’est puis gravis une colline au sommet de laquelle je m’amuse à grimper aux arbres pour chercher celui qui m’offrira la meilleure vue. Au retour, le dîner confirme mes supputations, je suis tombé sure une excellente cuisinière ! Puis nous allons rendre visite à une de ses amies qui fête son anniversaire. La rondeur de son ventre ne laisse aucun doute : un évènement bien plus heureux arrivera bientôt ! Ça ne l’empêche pas de chanter et danser sur les rythmes d’une derbouka improvisée sur une grosse bouteille de fontaine à eau. Ce sont d’ailleurs les femmes, plus nombreuses, et âgées de 6 à une bonne quarantaine d’années, qui instaurent l’ambiance festive et chaleureuse propre à cette soirée.

Le dimanche, je m’en vais explorer l’autre côté du littoral, traversant toutes les plages privées des hôtels encore vides pour enfin trouver un morceau de côte vierge de tous bâtiments. Mais bientôt, il n’y a plus de plages, je dois donc sauter de rochers en rochers pour progresser jusqu’à une petite crique déserte où je me pose quelques temps. Le soir, je siège au milieu d’une conversation féminine très animée, et scotche sur la télévision que je suis seul à regarder. Elles trouvent que je suis un « good man » car je regarde la télé et bois du thé ! Après tergiversations, elles me trouvent tout de même d’autres qualités !

Lundi, ayant fait le tour du littoral proche, il est temps d’attaquer la montagne à qui je tourne le dos depuis trop longtemps. Par un temps superbe,  je gravis une première grosse colline parsemée de rochers aux formes rigolotes. Je m’assois sur le plus gros d’entre eux, bercé par l’appel à la prière venant des hauts parleurs du minaret de la mosquée du village en contrebas. Je ne sais pas encore si la voix est enregistrée ou si le muezzin existe toujours et chante dans un micro. Toujours est-il que plus loin, un village voisin laisse à son tour entendre ce chant rassembleur et envoûtant. On ne rigole pas avec l'horaire, d’un village à l’autre l’appel est décalé, un peu comme à la manière de l’horaire des marées.

L’herbe qui recouvre une partie de mon rocher est bien confortable, et le vent frais du printemps vient secouer mes cheveux et finir de les sécher. La brise apporte aussi des voix d’enfants, le bruit des bateaux ou de quelques marteaux, sans oublier les animaux, du coq aux chiens, et la fraiche odeur de l’herbe se mêlent au doux parfum des fleurs.

Tortue montagnarde

Derrière moi, une belle petite montagne me fait de l’œil. En allant à sa rencontre, je tombe sur une tortue en plein ascension. Plus loin un drapeau de la Turquie est planté là, au milieu de nulle part.

Mardi et mercredi, la pluie menace : je passe donc un peu moins de temps à l’extérieur, mais rends plusieurs fois visite à Muçgde, qui est venu d’Istanbul travailler une dizaine de jours dans un atelier de céramique du village. Elle y travaille la journée mais vient dormir chez Serpil la nuit car elle a un peu peur toute seule.  Je n’ai pas pu essayer son tour de potier car elle avait beaucoup de boulot et enchainait assiettes ou jarres à une vitesse impressionnante. A la regarder bosser, ça a l’air presque facile, mais c'est pas loin de ressembler à du travail à la chaine! Pour ma dernière soirée, je me suis annoncé cuisinier, mais le riz qui accompagnait ma ratatouille améliorée n'a pas fait l'unanimité. En effet ici, le riz, ou pilaf, ne se cuisine pas sans huile ou margarine, et à la poelle plus que dans la casserole. Du coup, on m'a montré, en refaisant une fournée! Et c'est vrai que, plus c'est gras, meilleur c'est!

Par Matthieu
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